TON LIVRE OVNI : MARTIN

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Cette catégorie de blog est destinée à toi, que tu sois lecteur, blogueur ou professionnel des métiers du livre, pour que tu mettes en avant CE livre qui sort du lot, qui t’as bouleversé, qui est un véritable ovni, une pépite que tu veux faire découvrir à tout le monde. La seule condition ? Être passionné.e !

 

LE CHOIX DE MARTIN KNOSP – Libraire à la Librairie Nouvelle : Merci, Pablo Katchadjian

 

1. Fais nous un court synopsis du livre

Un homme enfermé dans une cage est débarqué sur une île. C’est notre narrateur, qui est donc un esclave. Il est acheté par un propriétaire terrien du nom de Hannibal qui l’installe avec lui dans son château. Ce dernier se montre étonnamment courtois et cordial dans ses rapports avec le narrateur, avant bientôt de lui demander de réaliser dans un de ses hangars une tâche proprement abominable et répugnante (qui n’est jamais définie clairement) qui va pousser notre narrateur à la révolte, en lui faisant ressentir le poids de sa condition d’aliéné comme étant insupportable. Mais une fois que l’on a brisé les chaînes de l’oppression, que faire ? Est-on libre pour autant ? Le roman va explorer différentes situations à partir de cet état nouvellement acquis.

 

2. Qu’est-ce que ce livre a de si particulier ? Pourquoi le vois-tu comme un ovni ?

C’est un roman qui part de la dialectique maître-esclave chère à Hegel, assez discuté en philosophie, pour nous parler sous un angle complètement inattendu de la liberté. Il le fait à mon sens sans parti pris de l’auteur, même si certains dispositifs formels peuvent laisser suggérer une piste de lecture plutôt qu’une autre.

Par exemple, chaque chapitre où presque débute par la même scène : le narrateur se réveille et voit un petit-déjeuner disposé sur sa table de nuit. Cette permanence d’événements quotidiens malgré le passage du statut d’esclave à celui d’homme libre semble suggérer que la liberté ne dépend pas d’un état juridique mais correspondrait plutôt à un sentiment intérieur dûment éprouvé et intégré. Ou est-ce que la liberté ne doit pas être pas être d’abord une réalité effective pour être ressentie ? Et d’ailleurs s’il s’agit d’un roman qui nous parle de liberté, est-ce qu’un lecteur est libre de sa lecture après tout ? Dès le départ, on le voit, il soulève des questions passionnantes.

 

3. Si tu devais le qualifier en 3 mots ?

Entêtant, mystérieux, ludique.

 

4. Quel est ton rapport à ce livre ?

Compulsif et distant à la fois. Compulsif car certaines questions continuent de me tarauder des années après ma lecture. Ce n’est pas un livre que l’on referme pour passer au suivant en sifflotant. Je n’ai pas de réponse définitive à mes questions, je creuse une hypothèse à fond avant de la rejeter pour en explorer une plus improbable encore. C’est sans fin mais très réjouissant.

Distant ensuite, car je ne l’ai jamais relu entièrement, même si je feuillette régulièrement (notamment pour répondre à tes questions) les passages que je connais par cœur et qui continuent de me turlupiner. Je n’ai pas annoté mon exemplaire, ni retiré l’étiquette de la librairie où je l’ai acheté qui se trouve sur la quatrième de couverture du livre (et qui me rappelle que j’ai commandé l’ouvrage et donc que je le souhaitais ardemment, pour une raison que je n’arrive plus à identifier aujourd’hui).

 

5. Comment l’as-tu découvert ?

Je me souviens à peu près du moment où je l’ai acheté (fin 2015), de la librairie où je l’ai commandé, mais quant à savoir ce qui m’a poussé à le choisir lui plutôt qu’un autre, mystère. Je sais aussi que dès ma lecture achevée, j’ai insisté pour prêter mon exemplaire à la responsable du rayon littérature de la librairie où je travaillais comme renfort de fin d’année en décembre 2015 et janvier 2016. C’est donc dès le départ une lecture marquante que j’ai souhaité partager. J’ai le où, le comment, mais pas le pourquoi. Vu que je l’ai commandé je penche néanmoins pour une prescription marquante dans un média ou sur les réseaux sociaux.

 

6. À quel genre de lecteur le conseillerais-tu ?

Aux lecteurs qui souhaitent être interpellés pendant leur lecture, dérangés. Des lecteurs qui veulent un ouvrage ne leur livrant pas une clé de lecture univoque mais un panel d’interprétation possible. En gros, des lecteurs qui apprécient de ne pas rester passif pendant leur lecture et qui aiment les auteurs qui les forcent à dialoguer avec leur oeuvre. Enfin, plus simplement, à tous les lecteurs de Borges, de littérature argentine et sud-américaine, ce livre est fait pour vous !

 

Merci, Pablo Katchadjian, éditions Vies Parallèles (2015) – 15€

Traduit de l’espagnol (Argentine) par Guillaume Contré

 

Un grand merci à Martin, sans qui je n’aurais probablement jamais entendu parler de ce livre car il semble s’être volatilisé des étagères de nombreuses librairies, bien qu’il soit sorti il y a seulement quatre ans. Martin recense également ses avis lectures sur  son compte Instagram, qui regorge de curiosités littéraires et d’ovnis. Un compte qui ravira les curieux lecteurs !

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