Espace lointain, Jaroslav Melnik, éditions Agullo

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Coup de ❤️❤️❤️

✒️ Toute la population terrestre – qui se compte désormais en millions – est concentrée dans une mégapole. Malgré tout, ce n’est pas le nombre d’êtres humains qui la peuple qui nous choque, mais plutôt leur mode de vie. En effet, ils sont tous aveugles et n’en ont même pas conscience, car il s’agit d’un monde où la notion de vision a été complètement éradiquée des esprits. Ainsi, quand Gabr recouvre soudainement la vue, le phénomène est aussitôt désigné comme pathologique et le Ministère du Contrôle ne lui laisse d’autre choix que celui d’un traitement pour régler cette erreur. Mais quand on perçoit « l’espace lointain », ne serait-ce qu’une fois, il est difficile de l’oublier… Et c’est sans compter l’intervention d’un groupe d’anciens voyants, considérés comme « guéris », qui résiste au pouvoir et va inciter Gabr à devenir la pièce maitresse de leur soulèvement.

💫 Un gros coup de cœur pour cette dystopie orwellienne ! Espace lointain m’a rappelé 1984, mais en mieux. Tout d’abord par sa construction, qui n’est pas linéaire mais constituée de fragments : des scènes de la vie de Gabr ou de son entourage, extraits de journal intime, de manuels, dictionnaires, revues de presse… Un changement continu qui ne laisse pas au lecteur le temps de souffler et qui l’invite à lire le livre d’une traite. J’ai été époustouflée par la construction d’un tel système de pensée, qui invite à percevoir le monde en étant universellement privés d’un organe vital, ou du moins de sa fonction principale. Ainsi, les habitants « écoutent » des films, lisent en brail, et ne connaissent les notions d’apparence et de beauté. Ils vivent avec leur « espace proche » sans avoir conscience de l’infini qui les entoure ; ils sont persuadés que leur petit espace se déplace et évolue avec eux, et non qu’ils évoluent eux-mêmes dans un espace surdimensionné. L’histoire est très bien construite, on réfléchit à une telle situation en même temps que le protagoniste, la fin est inattendue – à mes yeux, du moins… Bref, je n’aurais qu’une seule et unique chose à reprocher à ce livre : j’ai parfois eu le sentiment de répétitions concernant des explications sur le système dans lequel évolue Gabr, ou sur les événements ressassés. Malgré tout, j’ai été passionnée par le récit de la première à la dernière page, et je le recommande absolument.

(+) coup de ♥ pour le graphisme des éditions Agullo ! Leurs couvertures sont splendides et retiennent toujours mon attention. Je suis heureuse de découvrir un contenu à la hauteur de mes espérances !

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